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jeudi 3 juillet 2008

Relâche

Lu ce jeudi 3 juillet chez les commerçants :

« Deux cruditées achetées, la troisième offerte »,
« échalottes et ciboulettes »,
« bouquet : l’école est fini » !

Effectivement, c’est la trêve orthographique !

mercredi 23 avril 2008

Les vilains chômeurs

Décidément, madame ANPE, vous ne changerez jamais ! Il fut un temps où nous nous côtoyâmes assidûment. Un temps pas si lointain, si je ne m’abuse… Un temps que les moins de vingt ans peuvent déjà connaître… Vous m’accueillîtes alors dans vos locaux si chaleureux et nous eûmes des conversations souvent exaltantes sur la précarité de l’emploi, les difficultés des entreprises, celles des salariés si chanceux ou encore celles des euphémiques «demandeurs d’emploi». Maintes fois, nous devisâmes gaiement entre amies, le sourire aux lèvres, les soucis en bandoulière. Nous évoquâmes même la possibilité d’une collaboration car vous m’auriez bien vue animer des ateliers… de recherche d’emploi ! Je dois bien l’avouer, vous aviez un solide sens de l’humour que je m’évertuais, ingrate que j’étais, à ne pas toujours partager. Nos relations furent donc courtoises et nos échanges fructueux mais ma situation de chômeuse resta longtemps pour vous un sujet embarrassant. Vous n’aviez vraiment rien à m’offrir et durant les longs mois que nous nous fréquentâmes, vous ne me fîtes aucune proposition. Oui, je maintiens, aucune ! Pas une seule «OVE» ! Vos offres n’étaient-elles pas «valables» naguère ? Trembliez-vous que je ne les trouvasse pas recevables ? Toujours est-il que vous ne jouâtes pas votre rôle vis-à-vis de moi et que je dus mener mes recherches toute seule.
Voyez-vous, madame ANPE, quand j’entends aujourd’hui que les vilains chômeurs qui oseront refuser vos offres si généreuses seront réprimandés, je ne peux m’empêcher d’ironiser. Pour ma part, j’eusse aimé me trouver devant cette alternative, accepter ou repousser vos offres. Mais vous ne m’en laissâtes pas le loisir.
Quant aux mesures punitives qui seront mises en place, il ne m’appartient pas d’en discuter le bien-fondé. Toutefois, j’ai une anecdote à vous conter. Je répondis, en février dernier, à une annonce parue sur votre site internet : un organisme de formation recherchait un professeur de français pour un mois. Vous souhaitiez une télécandidature. Soit ! votre vœu fut exaucé. Vous m’accusâtes réception de cette télécandidature, puis, la jugeant acceptable, vous me conseillâtes de prendre directement contact avec l’entreprise par e-mail. Ce que je fis avec empressement, vous me connaissez ! N’obtenant pas de réponse, je me permis de la relancer une fois, deux fois, trois fois… et de guerre lasse, je finis par capituler.
Je veux bien que les vilains chômeurs soient sermonnés, si faute il y a. Mais ne pensez-vous pas que parmi les employeurs, ceux qui n’ont même pas la décence de répondre, le soient aussi ? Je soumets cette question à votre sagacité, madame ANPE.

jeudi 27 mars 2008

Dans le couple, la communication est essentielle…

Nous vivons une époque formidable, où la communication règne en maître-mot.
Communication écrite, verbale, gestuelle… Nous utilisons des outils-joujoux tous plus performants et plus « efficaces » les uns que les autres (l’efficacité étant aussi cuisinée à toutes les sauces) : des appareils multifonctionnels nommés plus couramment « téléphones », des ordinateurs pourvus de messageries électroniques, des fax…
L’individu bizarroïde du vingt et unième siècle, qui, on ne sait pour quelle raison, ne s’est pas encore doté du merveilleux outil informatique, a toujours le loisir de saisir sa bonne vieille plume et de noircir sa feuille de papier vélin.
Le quidam rétif qui, en plus d’être réfractaire aux nouvelles technologies, n’a pas la plume facile, peut encore communiquer avec sa voix, son corps, la langue des signes…
Même le poupon qui ne gazouille pas encore parvient à se faire comprendre et à exprimer clairement ses émotions…
Même les dignes représentants de la gent animale, avec les moyens du bord, communiquent entre eux…
Communiquer, c’est entrer en relation avec quelqu’un, c’est transmettre un message avec l’outil de son choix. Communiquer, c’est donc écrire, voir, entendre, parler, chanter, bouger, danser, mimer, toucher… ; c’est se dévoiler, se trahir parfois…
Alors, quand je tombe ce matin sur un article qui débute par ces mots « dans le couple, la communication est essentielle » et que simultanément, j’apprends qu’un homme d’aujourd’hui, baignant dans une « ère communicante » et vivant aux côtés de sa femme, en a ignoré la grossesse pendant neuf mois, je suis dubitative.
Le déni de grossesse, phénomène méconnu, existerait bel et bien et pourrait avoir des conséquences tragiques. Effectivement. Mais au-delà des tentatives d’explications scientifiques et psychologiques, force est de reconnaître qu’un fait divers de ce type ternit singulièrement la réputation de la Communication…

jeudi 20 mars 2008

Le poids des mots ?

Avant ce matin, je n’avais pas vu son visage défiguré par la maladie, ravagé par la souffrance. J’avais entendu sur les ondes le calvaire de cette femme, atteinte d’une maladie rare et incurable. J’avais entendu les débats autour de l’euthanasie, « la bonne mort » à ce qu’il paraît, la polémique soulevée par la volonté de cette femme à mettre fin à sa souffrance atroce. J’avais entendu beaucoup de voix s’exprimer sur le sujet : discours empreints de morale, de pudeur, d’émotion, de colère, d’impuissance, de peur, de lâcheté.
Les mots, dit-on parfois, ne suffisent pas à décrire la douleur ou l’horreur. Alors ce matin, j’ai enfin osé regarder une image, une photographie de cette femme : ce que j’avais imaginé, ce que j’avais cru comprendre de son martyre était très en-deçà de la réalité. J’ai reçu ce matin son supplice comme une gifle. Son visage s’est imprimé en moi, il me hante, je ne parviens pas à l’estomper, à le rendre plus « acceptable ». La douleur d’une autre a réveillé en moi des peurs enfouies, tapies au creux de mon ventre…

L’image, ce matin, me parlait plus que les mots.

Une absence qui mord

  Il ne pensait qu’à une seule chose, s’évader. Cette envie était blottie au fond de lui, tapie tel un prédateur guettant sa proie. Depuis q...