Marks & Spencer à Londres, Marks & Spencer à Edimbourg, Marks & Spencer vêtements, Marks & Spencer alimentation… Nous ne pouvons quitter le sol britannique sans poser un orteil dans cette institution qu’est M & S. Nous jetons donc un œil aux rayons vestimentaires. Rien d’exceptionnel ne retient notre attention, hormis celui destiné aux écoliers : jupes et robes grises, chemisiers blancs et gilets tristounets pour les filles, pantalons gris, noirs ou encore bleu marine assortis à des blazers stricts pour les garçons. Ces school uniforms ne rencontrent pas un franc succès auprès de notre écolier… français, c’est le moins qu’on puisse dire !
Notre curiosité satisfaite, nous nous dirigeons vers la sortie lorsque nous tombons sur la cafeteria de ce M & S. Simply food… Il est midi, l’endroit est agréable, nous nous laissons tenter. Nous voilà donc sur des mange-debout… assis, dévorant notre croque-monsieur aux champignons M & S – plutôt bon, ma foi – le nez dans la layette bleue et rose du rayon bébé qui nous fait face. Ainsi juchés sur nos perchoirs, nous tournons le dos aux autres affamés qui, eux, sont attablés. C’est alors qu’une petite mamie, toute menue, toute chétive, passe devant nous et se dirige vers le comptoir pour commander sa pitance. Je trouve rigolote cette grand-mère qui conjugue si bien fragilité et détermination. Je la suis des yeux quelques instants puis, ayant achevé d’engloutir mon croque-monsieur, je me retourne pour jeter un œil à nos voisins. Et là, stupeur (sans tremblements) ! Je les imaginais jeunes, globe-trotters, touristes… Ma vision est tout autre : des mamies, rien que des mamies, seules ou accompagnées d’amies d’un âge certain, vêtues de blanc, de bleu et de rose. Mazette ! Cette cafeteria M & S est bel et bien le repaire des grand-mères édimbourgeoises... Je regarde effrontément dans leurs assiettes et y vois des croque-monsieur de toutes sortes. Des plateaux superposés remplis de gâteaux colorés et des tasses de thé, apportés par des serveurs zélés, complètent le tableau. Amusée, j’observe ces grand-mères grignotant délicatement leurs victuailles, avec raffinement mais persévérance. Scène singulière, so delicious grandmothers…
Des textes à découvrir, partager, commenter. Un espace dédié aux mots : mots d'esprit, mots pour rire, mots d'enfants, mots dits... ou couverts... Un lieu d'expression, tout simplement.
lundi 24 août 2009
M & S
vendredi 24 juillet 2009
La pensée du jour
Un jeune garçon, contemplant un oeuf dans le creux de sa main :
"C'est beau, un oeuf... et la beauté... ça se casse..."
mardi 30 juin 2009
Matin
Petit matin moite, lourd comme un ciel d’orage
Furieuse envie de légèreté
Petit matin brumeux, chargé de menace et de silence
Terrible envie d’évasion
Petit matin chagrin, pesant comme un fardeau
Violente envie de chasser la nuit
Doucement, la fenêtre grand ouverte, tu écoutes la ville frissonner
Lentement, tu humes la fragrance âcre de l’asphalte
Patiemment, tu laisses ton corps lourd de sommeil sortir de sa torpeur
Tu regardes sans les voir les lève-tôt qui déambulent
Tu les entends fouler le bitume déjà tiède et brillant
Passants soucieux, passants tranquilles
Une divine odeur de café vient chatouiller tes narines
Elle s’échappe de l’estaminet un peu plus loin
Délicatement, elle vient secouer tes pensées
Matin citadin, matin d’été
Matin promesse, matin fardeau,
Matin qui s’accroche à toi, avec sa traîne de lambeaux de nuit
Qu’en feras-tu ? Tu ne le sais
Dans le ciel tourmenté ton regard se perd
À travers les nuages denses se meurent tes pourquoi
Petit matin moite, lourd comme un ciel d’orage
Furieuse envie de légèreté
Furieuse envie de légèreté
Petit matin brumeux, chargé de menace et de silence
Terrible envie d’évasion
Petit matin chagrin, pesant comme un fardeau
Violente envie de chasser la nuit
Doucement, la fenêtre grand ouverte, tu écoutes la ville frissonner
Lentement, tu humes la fragrance âcre de l’asphalte
Patiemment, tu laisses ton corps lourd de sommeil sortir de sa torpeur
Tu regardes sans les voir les lève-tôt qui déambulent
Tu les entends fouler le bitume déjà tiède et brillant
Passants soucieux, passants tranquilles
Une divine odeur de café vient chatouiller tes narines
Elle s’échappe de l’estaminet un peu plus loin
Délicatement, elle vient secouer tes pensées
Matin citadin, matin d’été
Matin promesse, matin fardeau,
Matin qui s’accroche à toi, avec sa traîne de lambeaux de nuit
Qu’en feras-tu ? Tu ne le sais
Dans le ciel tourmenté ton regard se perd
À travers les nuages denses se meurent tes pourquoi
Petit matin moite, lourd comme un ciel d’orage
Furieuse envie de légèreté
mardi 9 juin 2009
La porte
Une porte close, sans poignée, sans serrure. Une porte lourde, massive et étroite au milieu d’un mur nu, triste et rugueux. Cette porte et ce mur dans une pièce aveugle et noire. Il est oppressé, son souffle est court, sa poitrine est douloureuse. Il voudrait savoir. Que fait-il dans cette pièce ? Comment est-il entré ici ? Est-il seul ? Il a longé les murs de cette pièce des dizaines de fois sans rencontrer d’obstacles, hormis cette porte qui ne se ferme ni ne s’ouvre. Il voit la nuit, il sent la peur, ses doigts saignent à cause du mur rêche qu’il interroge inlassablement. Il est angoissé mais pas paniqué. Il arrive à réfléchir, péniblement. Des images se croisent dans sa tête, sans logique apparente, il ne parvient pas à les fixer. Il se les repasse en boucle, ces images. Il voudrait en chasser certaines, en garder d’autres, mais celles dont il ne veut pas reviennent sans cesse. Elles jouent avec lui, une espèce de jeu sadique. Elles jouent avec ses nerfs, avec sa peur, avec sa vie. Il ne maîtrise rien, se laisse porter par ce flot malsain, sans doute pour se protéger. Mais se protéger de quoi ? de qui ? Il n’en sait rien, il ne sait plus rien. Il ne voit plus, il n’entend plus que le silence et son souffle, il sent la poussière, il a le goût du sang dans la bouche, le sang de ses mains blessées, le sang de ses mains vivantes. Elles lui prouvent qu’il est vivant. S’il souffre, c’est qu’il est vivant. Il est rassuré d’être vivant. Mais vivant pour qui ? pour quoi ? Que fait-il dans cette pièce inconnue ? Elle ne lui rappelle rien. Rien du tout. Il ne se souvient pas d’y être entré un jour. De toute façon, comment peut-on pénétrer dans une pièce dont la porte n’a ni serrure ni clé ? Une porte muette et inutile. Une porte qui suppose autre chose, un ailleurs, une autre vie, une porte à secret. Qu’y a-t-il donc derrière cette porte ? Le savoir le tranquilliserait-il ? Pas sûr. Et si cette porte s’ouvrait sur le néant, sur le vide, sur rien ? Et si elle n’était là que pour l’amener à se questionner ? à ne pas devenir fou ? à le devenir ? Alors il s’interroge. Confusément. Derrière cette porte, tout est possible. La lumière comme l’obscurité, une voie large comme un tunnel étroit, tout ou rien… Que veut-il trouver ? Que s’attend-il à trouver ? Il l’ignore. Ses idées se fracassent sur cette porte comme des insectes sur un pare-brise. À peine nées, elles disparaissent. Debout contre cette porte, le nez écrasé contre elle dans une sorte de corps à corps sordide, il se met à pleurer. Des larmes au goût amer, des larmes de honte, des larmes de sang. Il pleure doucement, pour que ça dure longtemps. De ses yeux s'échappent les larmes, de son corps s’enfuit la douleur, de son cœur s’évade son angoisse. Doucement, sans à-coups, petit à petit. Longtemps, longtemps, longtemps…
Il ouvre les yeux : ils sont secs, son cœur bat posément, il se sent bien. Il caresse le velours de la feuille posée devant lui. Elle est son amie à présent, elle est prête à recevoir ses confidences. Il n’a plus peur.
mardi 2 juin 2009
La faute à qui ?
Je suis tombé par terre, c'est la faute à Voltaire
Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau…
Ce besoin de désigner un coupable, un responsable, un bouc émissaire a toujours existé. Imputer la faute à l’autre, à son alter ego, ce n’est pas si simple. Alors aujourd’hui, nous avons trouvé la parade pour faire ou ne rien faire, au choix. Elle est pratique, facile à utiliser, concrète et conceptuelle en même temps. Si tout va mal, c’est la faute à… la CRISE, bien sûr ! Elle est si responsable de tout que les majuscules s’imposent. Merci qui ? Merci la crise, du fond du cœur, pour tout ce qu’elle fait pour nous ! Grâce à elle, nous pouvons tout justifier sans peine et sans honte. Formidable, vraiment. Usons et abusons de cette excuse, que dis-je, de cette aubaine ! Car quand la crise s’en ira, qu’adviendra-t-il de nous ? Je l’entends déjà se marrer, la crise...
Le nez dans le ruisseau, c'est la faute à Rousseau…
Ce besoin de désigner un coupable, un responsable, un bouc émissaire a toujours existé. Imputer la faute à l’autre, à son alter ego, ce n’est pas si simple. Alors aujourd’hui, nous avons trouvé la parade pour faire ou ne rien faire, au choix. Elle est pratique, facile à utiliser, concrète et conceptuelle en même temps. Si tout va mal, c’est la faute à… la CRISE, bien sûr ! Elle est si responsable de tout que les majuscules s’imposent. Merci qui ? Merci la crise, du fond du cœur, pour tout ce qu’elle fait pour nous ! Grâce à elle, nous pouvons tout justifier sans peine et sans honte. Formidable, vraiment. Usons et abusons de cette excuse, que dis-je, de cette aubaine ! Car quand la crise s’en ira, qu’adviendra-t-il de nous ? Je l’entends déjà se marrer, la crise...
mercredi 27 mai 2009
Ensemble, tout simplement
Les yeux dans les étoiles, il oublie son corps fourbu et ses jambes endolories. Je lis sur son visage d’enfant l’exaltation et la fierté d’avoir tout donné, d’avoir partagé avec ses équipiers des moments d’une intensité exceptionnelle. Il a peut-être gagné, il a peut-être perdu, qu’importe ! Il est allé jusqu’au bout de son rêve, porté par l’envie de se battre, de relever le défi, de ne faire plus qu’un avec les autres. Il découvre le poids des espoirs des adultes, entraîneurs, parents, supporters inconditionnels et enthousiastes.
Le petit garçon grandit. Il apprend à encaisser et à exploser de joie. Il se frotte à la vie, il la défie, compose avec elle. Il comprend intuitivement qu’il pratique un sport avec son corps et son âme. Mais pour l’heure, il n’analyse pas : il ressent, il vibre. Il plonge dans l’instant présent avec toute la fougue de sa jeunesse.
Le petit garçon fait grandir sa mère. Grâce à lui, elle revit ces moments où, petite fille, elle se jetait dans la fosse aux lions. Elle se revoit comme si c’était hier, seule avec son piano, devant un jury forcément impitoyable et terrifiant. Sur le moment, elle ne savait plus qui elle était, ni même comment elle s’appelait. Elle savait juste qu’elle avait dix doigts, une tête et un trac indescriptible. Elle se souvient qu’après avoir « exécuté » son morceau – une exécution est toujours terrible ! – elle n’était plus qu’une « chose », vidée de toute son énergie. Ce qui lui pesait le plus, finalement, c’était cette solitude face à ces censeurs, pourtant souvent justes. Elle ne partageait sa victoire ou sa défaite qu’avec elle-même, cette « chose » qu’elle était devenue. Le réconfort et la force de l’équipe, elle n’avait même pas l’idée de ce que ça pouvait être.
Jouer en équipe n’exclut évidemment pas l’effort individuel. La personnalité de chacun doit pouvoir s’y construire à la fois seule et en concomitance avec celle des autres. Mais quand les membres d’une équipe ont un objectif commun, celui de courir après le même ballon, avec le même désir d’aller le plus loin et le plus haut possible, avec la même envie de gagner, il me semble qu’alors la victoire partagée a une saveur particulière.
Mon garçon y a goûté, avec ses amis. Ces mômes sont heureux. Et ce bonheur pétillant dans leurs yeux, c’est bien là l’important.
Le petit garçon grandit. Il apprend à encaisser et à exploser de joie. Il se frotte à la vie, il la défie, compose avec elle. Il comprend intuitivement qu’il pratique un sport avec son corps et son âme. Mais pour l’heure, il n’analyse pas : il ressent, il vibre. Il plonge dans l’instant présent avec toute la fougue de sa jeunesse.
Le petit garçon fait grandir sa mère. Grâce à lui, elle revit ces moments où, petite fille, elle se jetait dans la fosse aux lions. Elle se revoit comme si c’était hier, seule avec son piano, devant un jury forcément impitoyable et terrifiant. Sur le moment, elle ne savait plus qui elle était, ni même comment elle s’appelait. Elle savait juste qu’elle avait dix doigts, une tête et un trac indescriptible. Elle se souvient qu’après avoir « exécuté » son morceau – une exécution est toujours terrible ! – elle n’était plus qu’une « chose », vidée de toute son énergie. Ce qui lui pesait le plus, finalement, c’était cette solitude face à ces censeurs, pourtant souvent justes. Elle ne partageait sa victoire ou sa défaite qu’avec elle-même, cette « chose » qu’elle était devenue. Le réconfort et la force de l’équipe, elle n’avait même pas l’idée de ce que ça pouvait être.
Jouer en équipe n’exclut évidemment pas l’effort individuel. La personnalité de chacun doit pouvoir s’y construire à la fois seule et en concomitance avec celle des autres. Mais quand les membres d’une équipe ont un objectif commun, celui de courir après le même ballon, avec le même désir d’aller le plus loin et le plus haut possible, avec la même envie de gagner, il me semble qu’alors la victoire partagée a une saveur particulière.
Mon garçon y a goûté, avec ses amis. Ces mômes sont heureux. Et ce bonheur pétillant dans leurs yeux, c’est bien là l’important.
jeudi 7 mai 2009
Plus dure sera la chute
Il était beau à tomber par terre. Dès le premier regard, elle sut que c’était lui et tomba en pâmoison. Comment ne pas tomber amoureuse d’un être aussi irrésistible ? « Bonté divine », se dit-elle, « cela tombe sous le sens : il me le faut ! »
Le beau gosse n’était pas farouche. Lorsqu’en princesse moderne, elle lui demanda s’il acceptait de faire un bout de chemin avec elle, il tomba aussitôt d’accord. Cette dulcinée tombée du ciel était, ma foi, fort ravissante.
Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre et la belle ne tarda pas à tomber enceinte. Las ! le jour où elle découvrit qu’un petit intrus avait élu domicile dans son doux ventre, elle tomba en syncope. Car elle n’avait pas envisagé cette éventualité. Comment elle, qui n’était pas tombée de la dernière pluie, s’était-elle laisser piéger comme sa mère, vingt ans auparavant ? Elle finit par se résigner, accepta l’idée d’être mère et convainquit son prince charmant de l’accompagner dans cette nouvelle aventure.
Les années passèrent, la famille s’agrandit, la routine s’installa. Ah ! où était-il, le temps des possibles ? Leurs projets ambitieux tombaient à l’eau, leur moral dans les chaussettes. La belle se lassait de son prince, qui lui-même se lassait de sa belle. Leur histoire aurait pu tourner court si un événement tout aussi imprévisible qu’inespéré n’était tombé à pic : un joli magot, hérité d’un vieil oncle dont ils n’avaient jamais entendu parler, tomba dans leur escarcelle. Riches désormais d’espèces sonnantes et trébuchantes et d’espoir retrouvé, ils laissèrent tomber veau, vache, cochon et couvée pour s’en aller découvrir de lointaines contrées.
Le beau gosse n’était pas farouche. Lorsqu’en princesse moderne, elle lui demanda s’il acceptait de faire un bout de chemin avec elle, il tomba aussitôt d’accord. Cette dulcinée tombée du ciel était, ma foi, fort ravissante.
Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre et la belle ne tarda pas à tomber enceinte. Las ! le jour où elle découvrit qu’un petit intrus avait élu domicile dans son doux ventre, elle tomba en syncope. Car elle n’avait pas envisagé cette éventualité. Comment elle, qui n’était pas tombée de la dernière pluie, s’était-elle laisser piéger comme sa mère, vingt ans auparavant ? Elle finit par se résigner, accepta l’idée d’être mère et convainquit son prince charmant de l’accompagner dans cette nouvelle aventure.
Les années passèrent, la famille s’agrandit, la routine s’installa. Ah ! où était-il, le temps des possibles ? Leurs projets ambitieux tombaient à l’eau, leur moral dans les chaussettes. La belle se lassait de son prince, qui lui-même se lassait de sa belle. Leur histoire aurait pu tourner court si un événement tout aussi imprévisible qu’inespéré n’était tombé à pic : un joli magot, hérité d’un vieil oncle dont ils n’avaient jamais entendu parler, tomba dans leur escarcelle. Riches désormais d’espèces sonnantes et trébuchantes et d’espoir retrouvé, ils laissèrent tomber veau, vache, cochon et couvée pour s’en aller découvrir de lointaines contrées.
La morale de cette histoire ? Il n’y en a pas. La chute ? On s’en fiche... et je tombe de sommeil… Alors, sur ces mots, je vous laisse, sans vergogne, tomber !
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