jeudi 3 juillet 2008

Relâche

Lu ce jeudi 3 juillet chez les commerçants :

« Deux cruditées achetées, la troisième offerte »,
« échalottes et ciboulettes »,
« bouquet : l’école est fini » !

Effectivement, c’est la trêve orthographique !

mercredi 2 juillet 2008

« C’est trop bien, l’école : aujourd’hui, on fait ce qu’on veut ! »

Fin d’année, fin de programme, fin de bachotage, fin d’angoisse, fin de match…
Drôle d’ambiance dans les écoles, où les salles de cours se muent en salles de jeux, où la récréation dure toute la journée.
Curieux mélange de discipline et de relâche, de gaieté et de regret, de rires et de larmes. Sensation bizarre de nager entre deux eaux, d’être encore là et déjà parti vers de nouvelles aventures.
Impression étrange de ne plus se sentir à sa place dans cette école ou dans ce collège, lieu habituel d’apprentissage, de labeur et parfois de souffrance, devenu pour quelques jours un espace de loisir, de détente voire de liberté… Un temps où chacun, élève ou enseignant, tout en gardant ses prérogatives, peut s’essayer à un nouveau rôle, dévoiler une autre facette de sa personnalité, lever le masque…
Une parenthèse s’ouvre, elle se fermera au moment opportun. D’ici là, chacun aura goûté les charmes de l’été, découvert de nouveaux horizons ou se sera simplement ressourcé et retrouvé.
Les écoles pourront alors rouvrir leurs portes et les enfants, leurs livres…

lundi 16 juin 2008

Pianissimo

Comme un chapelet qu’on égrène, des notes de musique s’échappent de la maison d’à côté. Légères, divines et délicates, elles percent le silence de la nuit et apportent quelques touches de fraîcheur à cette chaude soirée d’été. Tout doucement, elles caressent mon oreille et me susurrent des mots tendres et mystérieux. Je les laisse venir à moi et les bois sans soif. Une sensation de bien-être m’enveloppe voluptueusement et, tel un nouveau-né, je me laisse bercer par cette sérénade fortuite.
Le musicien joue pianissimo, en effleurant le clavier. J’imagine ses mains courant sur les touches, sans jamais s’y poser vraiment, comme si elles craignaient de s’y brûler. La mélodie flotte, ondoie, s’évapore…
Non loin de moi murmure un ruisseau. Le souffle tiède d’une brise fait frémir les arbustes odorants et ajoute au délice de cette soirée. Les yeux mi-clos, je suis attentive au moindre bruissement, au moindre soupir, au moindre silence. Un accord qu’on plaque, un rire qui soudain fuse et irradie la nuit, un instant de silence fugace et, de nouveau, le piano se réveille en laissant échapper une mélodie suave et veloutée…
Les yeux fermés, je distingue une porte cochère, une cour pavée et, dans un recoin, une toute petite fenêtre aux vitres pas très nettes… des cheveux bruns et bouclés, un dos bien droit, des doigts fins et agiles domptant le clavier… J’ai oublié son visage. Seule danse devant mes yeux l’image floue de ce jeune virtuose qui s’entraîne des heures durant sur un piano noir. Il ne se doute pas qu’une gamine l’observe en douce, il ne se préoccupe ni du temps, ni des autres… Il joue inlassablement, pour atteindre la perfection sans doute… Et moi, je suis sous le charme, admirative devant autant de dextérité, de ténacité et de grâce. Car il a cette grâce, ce don qui le rend si différent des autres apprentis pianistes si appliqués et si laborieux… comme moi…
Le piano s’est tu dans la maison d’à côté. J’ouvre les yeux, je suis toujours assise près du ruisseau qui chante désormais tout seul. Mon souvenir s’est envolé, mon enfance aussi…

lundi 9 juin 2008

Philoroscope

Lu ce lundi matin :

« Vous êtes confronté à vous-même, à ce que vous êtes ou à ce que vous voudriez être et que vous n’êtes pas. »

What else ?

mardi 3 juin 2008

Il est des jours


Il est des jours plus lourds qu’un mois de novembre, des jours en noir et blanc, sans saveur, où les soucis pèsent une tonne, où les méninges se fatiguent au point de s’enliser dans un magma informe d’idées noires, où la moindre vétille prend des proportions cyclopéennes, où l’on se dit qu’on gagnerait à ne rien faire du tout…

Il est des jours qui succèdent à des nuits sans sommeil, des nuits qui s’étirent interminablement, où le silence devient si épais qu’on cesse presque de respirer par peur de le rompre…

Il est des matins où l’on plaquerait bien tout, veau, vache, cochon, couvée ! Pour un peu, on le suivrait, ce cerf-volant si léger, chahuté par les vents...

Las ! le dégoût est si lourd qu’on reste rivé au sol, englué dans son quotidien, enlisé dans ses habitudes, dans cette routine infernale, enferré dans son propre piège…

Il est des lendemains sans doute plus cléments…

jeudi 29 mai 2008

Condamné à méditer

Il a bousculé un copain à la récréation, papoté avec sa voisine ou encore exercé ses talents d’artiste sur les vêtements d’un comparse.
Parce qu’il a fait une bêtise certes avouable mais répréhensible, le jeune espiègle de sept ans, condamné à méditer sur sa condition, est assis là, sur ce que son maître nomme joliment la chaise du Penseur

dimanche 25 mai 2008

Clopin-clopant

Clopin-clopant, je vais, c’est sûr, à contretemps

Car boitiller est disgracieux, assurément.

Cahin-caha, je m’achemine péniblement

Vers la cible que je vise opiniâtrement.

Avec un rythme syncopé

Que je préfèrerais chaloupé,

J’y arriverai, je me le jure,

À retrouver ma fière allure !

Une absence qui mord

  Il ne pensait qu’à une seule chose, s’évader. Cette envie était blottie au fond de lui, tapie tel un prédateur guettant sa proie. Depuis q...