mercredi 20 janvier 2010

Le coup de fil du jour

Une voix lointaine me parle.
- Bonjour. Je mène une enquête pour une association qui soutient des personnes atteintes de rhumatismes.
- Oui...
- Vous avez bien plus de 60 ans ?
- Non... et pas de rhumatismes non plus.
- Ah! c'est dommage !
Et la voix lointaine me raccroche au nez.
Zut ! Ce n'est pas mon jour de chance !

mardi 12 janvier 2010

Froid de canard !


J’ai vu Loup de Nicolas Vanier. Un beau film, qui en met plein la vue sans se prendre la tête. Des messages simples, des paysages qui se laissent regarder parce qu’ils parlent d’eux-mêmes. Du froid, du froid, du froid…
Je suis descendue dans les entrailles de Paris : j’ai découvert ses Catacombes, ossuaire qui nous ramène, pauvres mortels, à notre triste condition. Froid… dans le dos…
J’ai marché sur la neige verglacée, avec mille précautions pour rester debout, bien décidée à braver les intempéries pour aller bosser. Bretagne inhabituelle, bien surprise de ce qui lui arrive… Et toujours froid…
Ce matin, je passe un coup de fil. Mon interlocutrice, pressée, énervée, pétrifiée de froid sans doute, me répond… froidement. Serais-je en froid avec cette inconnue ?
Les présentateurs météo m’amusent avec leurs « vagues de froid » sur lesquelles ils surfent avec un air contrit. S’ils se décidaient à porter leur chemise hawaïenne et arboraient un large et franc sourire, peut-être nous aideraient-ils à affronter plus gaillardement ces « épisodes neigeux » ?

Allons ! Gardons la tête froide… et allons de l’avant : c’est l’hiver, tout de même !

lundi 21 décembre 2009

Neige


Cette petite ville endormie sous sa couette neigeuse…
Cette atmosphère cotonneuse, si inhabituelle ici…
Cette joie enfantine qui nous sort du lit et nous incite à enfoncer nos semelles dans la neige, à écouter les crissements soyeux sous nos pas…
Ces arbres et ces arbustes lourds de cette ouate qui les a surpris pendant leur sommeil…
Ce soleil timide qui vient réchauffer doucement la nature engourdie…
Ces enfants qui peuvent enfin dévaler la rue principale sur une luge improvisée…
Ces rires qui tout à coup viennent crever cette ambiance feutrée…
Des instants magiques et éphémères, déjà évanouis, juste immortalisés par une photo…

mardi 8 décembre 2009

Les mots ont la vie dure !

Qui a lu « 99 mots et expressions à foutre à la poubelle ? » de Jean-Loup Chiflet ?
J’ai entendu cet auteur s’exprimer sur les ondes un dimanche matin alors même que je venais de pester, quelques minutes plus tôt, à l’écoute d’un énième « au jour d’aujourd’hui ».
Comme nous aimons les redondances et autres pléonasmes ! Comme nous nous gargarisons de formules creuses, inutiles voire pédantes ! Pourquoi cet étalage ? Pourquoi cette hypertrophie langagière ? Pour en mettre plein la vue, pour épater la galerie… Pour faire prendre l’air à quelques expressions blotties au fond de notre besace… dont nous avons parfois perdu le sens originel…
Car les pléonasmes ne sont pas les seuls parasites : certains mots, qui n’ont rien demandé, sont malmenés, torturés à qui mieux mieux, pendant un temps. Victimes de la mode, ils surgissent soudain, sans crier gare, et sont exhibés à tout bout de champ, d’abord par tous ceux qui peuvent se faire entendre – journalistes, politiques, artistes, etc. – puis par tous les autres. Ces mots connaissent la gloire pendant quelques mois, puis s’évaporent doucement. Ils savent qu’ils réapparaîtront un jour ou l’autre, la mode étant un éternel recommencement…
Ainsi, combien de « et en même temps » avons-nous dû subir ? Et de « comme vous le savez » ? Sans compter les « improbables » associations de couleurs, les « improbables » retours de célébrités jetées aux oubliettes, les « improbables » rumeurs autour de tel ou tel sportif…
Ces mots et ces expressions ont la vie dure : leur signification change, amorce des virages plus ou moins bien négociés. La locution « et en même temps » était avant tout une affaire… de temps ! D’abord expression de la simultanéité, elle a bifurqué depuis vers celle de l’opposition. Lorsque nous disons d’un collègue qu’il « est sympa et en même temps, un peu lèche-botte », nous évitons soigneusement le « mais » ou le « cependant ». Sans doute n’osons-nous plus trancher. Sans doute parler franchement est-il un défi difficile à relever…
Quoi qu’il en soit, nos pauvres mots souffrent. Ils me font pitié parfois, j’ai de la peine quand ils sont rudoyés MAIS ils sont vivants ! Au fond, n’est-ce pas là l’important ?

jeudi 5 novembre 2009

De l'air !

D’ordinaire, le vent m’agace et m’électrise. Je le déteste par-dessus tout quand Il montre son visage nocturne : il me tient éveillée, m’oblige à l’écouter, me rend nerveuse sans que je sache vraiment pourquoi. Il secoue ma fenêtre, s’engouffre dans le moindre interstice effrontément, avec un sifflement parfois lugubre. Il ricane, s’amuse du désordre qu’il provoque et souvent ne s’apaise qu’au petit matin, juste pour me laisser fermer les yeux, enfin délivrée, pendant une heure ou deux.
Cependant, ces jours et ces nuits-ci, je le remercie, le vent. Tel un grand éclat de rire, il vient secouer mes inquiétudes, il fait le ménage en moi, me dépoussière, me vaccine contre ces maux que sont l’angoisse ou la colère larvée. Ce vent purgatif, cathartique même, j’en ai vraiment besoin. Quand il s’accompagne de violentes trombes d’eau, il rafraîchit mes idées et emporte avec lui des lambeaux de ce courroux qui me ronge. Des lambeaux seulement, car dès qu’il s’affaiblit, ce vent si salutaire laisse la place à une accalmie trompeuse, qui ne demande qu’à se nourrir de tourments et de non-dits destructeurs.
Une envie forte de ménage d’automne me taraude. Une envie de changer d’air, mais pas de jouer la fille de l’air et m’enfuir, ni de brasser de l’air jusqu’à l’épuisement. Non, plutôt la volonté d’assainir l’air que je respire, de le purifier pour m’y sentir libre. Le courage d’exprimer à voix haute et intelligible, tant qu’il en est encore temps, ce que je pense être juste. Le courage d’abandonner provisoirement ma plume pour faire entendre ma voix… d'affronter le mensonge et la mauvaise foi pour faire éclater la vérité... Avec un bon bol d’air, ce devrait être possible !

mercredi 28 octobre 2009

Gourmandise

Lors d’un bel après-midi d’automne, au sein d’un parc d’attractions fort agréable situé en pleine campagne, me voici attablée, dégustant un café crème, perdue dans mes rêveries. C’est le moment de la pause pour petits et grands. D’aucuns sirotent, d’aucuns grignotent…
En face de moi, un jeune couple, vingt ans tout au plus, prend place avec deux garçons de 14/15 ans, petits frères de la jeune fille. Le jeune tourtereau, avec ses chaussures blanches impeccables, contemple son amie, une jolie fille callipyge, aux formes plantureuses, avec tendresse et appétit. Il la regarde se régaler d’un chocolat chaud – elle n’a besoin de rien d’autre – et observe les deux adolescents, qui eux aussi avalent leur chocolat, pressés de retourner s’amuser dans le parc.
Je suis étonnée du sérieux du jeune couple, de sa façon de se comporter avec les deux plus jeunes, alliant pondération, gentillesse et fermeté. Leur attitude semble en décalage avec leur âge et je me dis que finalement, cette scène est à la fois réconfortante et insolite, en opposition radicale avec la grossièreté de propos entendus de-ci de-là.
Les deux adolescents quittent le couple après un « merci » qui là encore peut surprendre. Le jeune homme chuchote à l’oreille de sa belle et, après un baiser furtif, se rend au comptoir. Il en revient quelques minutes plus tard avec deux crêpes au chocolat, qui bientôt ne sont plus qu’un souvenir.
« La jeunesse est gourmande », me dis-je, amusée d’autant de voracité. Je repars dans mes pensées, regardant autour de moi les enfants se bousculer et crier à l’envi. Une voix dans mon dos soudain m’interpelle. Cette voix, après un « combien je vous dois ? » s’éloigne pour retourner s’asseoir près de son âme sœur. Et là, surprise ! La demoiselle, qui tout à l’heure déclarait ne pas avoir faim, et son galant amoureux se jettent goulûment sur une énorme barquette de frites, copieusement arrosées de mayonnaise. Je ne peux réprimer un haut-le-cœur. Pourquoi tant de gloutonnerie ? Que leur arrive-t-il à ces deux là, eux si rangés, si réfléchis avant le départ des deux petits frères ? Que cache cette gloutonnerie soudaine ? Rien, sans doute. Je dois me faire des idées, j’échafaude sans nul doute d’improbables hypothèses…
Le couple se lève, jette consciencieusement ses déchets dans la poubelle prévue à cet effet et s’éloigne doucement.
Je les retrouverai un peu plus tard, lui, assis à même le sol en train d’admirer son amie, elle s’essayant à un exercice périlleux, réservé d’ordinaire aux jeunes enfants, avec une souplesse surprenante.
La gourmandise donne des ailes…

jeudi 8 octobre 2009

Hallucinations


« Expression ovale », « savate composée », « cachot d’aspirine »…, j’hallucine vraiment !
Depuis l’aube, je prends un mot pour un autre… et j’en suis tout juste étonnée.
Mes yeux voient ce qu’ils ont envie de voir, sans me consulter… et j’en suis contrariée.
Alors je m’enferme à nouveau dans une espèce de brouillard cafardeux, la tête lourde, lourde… comme coincée dans un casque trop petit… Tic tac, tic tac… mon sang tambourine contre mes tempes, en cadence… J’entre dans la danse, fébrile… je ne suis plus moi… céphalée, céphalée, joli mot, douces sonorités…
Céphalée, céphalée, s’il te plaît, laisse-moi m’éveiller…

Une absence qui mord

  Il ne pensait qu’à une seule chose, s’évader. Cette envie était blottie au fond de lui, tapie tel un prédateur guettant sa proie. Depuis q...