lundi 11 avril 2011

Laissez-nous rêver !

Soleil au zénith,
Ciel d'un bleu immaculé,
Nature qui renaît,
Champs lumineux qui égaient la campagne,
Tenues légères qu'on sort des armoires,
Terrasses des cafés bondées,
Envies d'été, de lumière et de liberté,
De voyage, d'ailleurs, d'exotisme...
Et patatras ! La voix rabat-joie qui vous lance un "on va le payer, ça durera pas, j'vous dis " vous glace !
Et dépité, vous regardez le ciel ce matin, gris pâle mais gris quand même,
Vous sentez des gouttes picoter votre peau,
Des gouttes qui font triompher les oiseaux de mauvais augure !

vendredi 11 mars 2011

Miel, kiwi et citron

A pas cadencés et décidés, je me dirige vers le port. Je m’arrêterai avant de l’avoir atteint. Dommage. Un soleil franc darde ses rayons d’hiver et me rassérène. J’accélère de peur d’être en retard ; ai-je mis assez de monnaie dans l’horodateur ? J’ai vu large, pas de souci.

Après un bref instant d’hésitation, je pousse la porte vitrée. Une jeune femme m’accueille avec un sourire discret. Si j’ai rendez-vous à 10 heures ? Oui, absolument.

Je suis invitée à me rendre au premier étage. J’entre dans une pièce sombre, froide, un lourd rideau occultant la si belle lumière de ce matin-là. Les murs sont blancs et parfois violets, des photos osent les réveiller un peu, de magnifiques orchidées violettes sont posées sur une paillasse blanche, près d’une vasque, une table de torture trône au milieu de la pièce, recouverte de papier blanc. Je suis priée de revêtir le peignoir blanc qui m’attend sur la table. Je m’allonge, vaguement inquiète, très intriguée. Au-dessus de ma tête, encastrés dans un faux plafond, des éclairages crus me narguent sans vergogne. C’est l’heure de vérité, je présume.

Des mains expertes viennent alors appliquer sur mon visage des crèmes aux multiples senteurs. Je reconnais le miel, le kiwi ou le citron… Hum… Grumeleuses, onctueuses, mousseuses, fraîches ou légères, ces préparations magiques sont censées arrêter le temps qui s’imprime sur mon visage et rendre ma peau reconnaissante de tous les soins prodigués sur elle. Je ne bronche pas, je suis étonnamment docile, même quand les mains expertes s’acharnent avec férocité à vouloir débarrasser ma peau de ses impuretés. J’ai envie de grimacer mais je m’abstiens. Enfin, les mains retrouvent leur douceur et me laissent seule une dizaine de minutes. Ou une quinzaine, je n’en sais rien. Je perds la notion du temps. J’écoute la musique zen choisie avec soin par la propriétaire des mains expertes : des chants d’oiseaux, le murmure du vent, le ruissellement de l’eau, des cris feutrés d’animaux dans ce que je pense être la savane africaine se succèdent pendant de longues minutes. Le moment est propice à la détente, c’est vrai, mais j’apprécierais un peu plus de chaleur et de fantaisie.

Les yeux mi-clos, à l’écoute du moindre bruit, j’attends. A ce moment-là, je ne pense plus à ma voiture, à l’heure indiquée sur le ticket de stationnement, au rendez-vous important prévu dans l’après-midi. J’attends que les mains expertes me rendent ma liberté et me poussent vers la lumière du jour. J’attends de retrouver les camélias facétieux qui ont enfin entrepris de fleurir au fond du jardin – ils n’en font qu’à leur tête, eux aussi ! – et d’inciter les jonquilles timides à s’imposer sur le talus.

Je suis dehors, un tantinet déboussolée, presque étonnée d’avoir franchi le seuil d’un institut de beauté pour la première fois de ma vie. Il n’est jamais trop tard, me dis-je. Je ne sais pas si ma peau a aimé les soins dont elle a fait l’objet, l’avenir le dira, mais une chose est sûre : je suis restée une bonne heure sans rien faire, sans réfléchir, sans penser au quotidien. Un exploit !

jeudi 20 janvier 2011

Il se peut...


Il se peut qu’un matin tu t’en ailles, tes rêves en bandoulière,
Que tes pas, peu à peu, te guident vers un ailleurs,
Vers une terre dont tu ignores jusqu’à l’existence,
Avec pour seule boussole, ta jeunesse insouciante.

Il se peut que l’étoile, qui brille dans tes yeux,
T’ouvre la voie d’un bonheur
Que petit à petit tu te construiras.

Il se peut que tu te laisses enivrer par son parfum troublant,
Que tu en oublies ton bonheur d’antan,
Que le nouveau efface de ta mémoire
Ces instants si précieux, si fragiles et éphémères,
Vécus il y a bien longtemps.


Il se peut que de temps en temps
Tu jettes par-dessus ton épaule, tout doucement,
Un regard vers l’autre rive, là-bas, au loin,
Et que ton sourire, si lumineux, si touchant,
Inonde de son halo de tendresse,
Les vestiges de ton enfance, indéfectiblement vivants...

lundi 17 janvier 2011

On a les rêves de son milieu...



Propos entendus ce matin : « on a les rêves de son milieu ».
Cette phrase, tenue par une femme investie dans la défense du « peuple », des « petites gens », me dérange énormément. Comment peut-on affirmer avec autant d’aplomb que l’origine sociale d’un individu le conditionne à rêver de la manière propre à son milieu (si elle existe !) ? Pourquoi un fils d’ouvrier devrait-il se contenter des rêves de ses parents ou de ses aïeux ? Pourquoi un gamin issu d’une famille plus aisée devrait-il forcément rêver plus grand, plus haut, plus cher, que le précédent ? Le rêve est liberté ou cauchemar, folie ou douceur, chimère ou idéal, souffle créateur ou fantasme… Il appartient à tout le monde, il n’a pas de sexe, de couleur, d’âge ni de milieu. On le réalise un jour ou jamais. Peu importe ! « On a les rêves de son milieu » : décidément, je trouve cette formule lapidaire navrante et désespérante à souhait. Cette manie de vouloir faire entrer les gens dans des cases, de les classer pour mieux les disséquer, ne peut ni ne doit atteindre les rêves. Chacun, d’où qu’il vienne, rêve ce qu’il veut. Moi, je rêve, demain matin, en écoutant les infos, de déjeuner en paix !

lundi 3 janvier 2011

Combien ?

Louer un ami… Non, il ne s’agit pas de vanter l’ami en question, de l’encenser, mais bien de l’acheter !
J’ai découvert ce service tout à l’heure, en écoutant les informations. Et j’avoue en être restée coite. Notre société de consommation ne jure que par les espèces sonnantes et trébuchantes, le fric, le CAC 40, les stock-options, les billets qui n’ont rien de doux : ses « valeurs » n’ont pas grand-chose à voir avec une quelconque éthique. Et voilà maintenant qu’on peut louer les services d’un ami pour quelques heures, "en tout bien tout honneur", ajouta finement le journaliste… Merci pour cette précision !
Je croyais naïvement que l’amitié n’avait pas de prix… Je dois être d’une autre époque…

mercredi 22 décembre 2010

Retour vers 2011

Nous voici à quelques encablures de 2011. Déjà… enfin… selon les uns ou les autres… Quelle qu’ait été l’année qui s’achève, j’ai le sentiment de marcher sur un tapis roulant qui jamais ne s’arrête. Ne tombe-t-il donc jamais en panne ? Il semblerait que non. Alors, il ne me reste plus qu’à choisir ma vitesse : je peux courir vers un futur aux contours incertains ; je peux marcher en enfonçant mes pas profondément pour y laisser des empreintes qui inéluctablement s’effaceront ; je peux aussi faire marche arrière, aller à contre-courant, braver les vents, et sans doute m’épuiser vainement pour finir sur les genoux. En fonction de mon humeur, de celles des autres, du climat, des événements, petits ou grands, je module ma vitesse. Bien souvent, je tente de résister au futur qui me happe. Avec des gestes maladroits, je m’accroche au présent qui pourtant ne présente pas nécessairement un visage avenant. Quand vous croyez que tout s’apaise, que vous avez enfin trouvé une sérénité, même passagère, tout à coup le passé vous revient à la figure sans crier gare. Vous pensiez avoir tourné définitivement la page sur un épisode pénible, qui vous avait fait cogiter, douter, vous mettre en colère, puis vous calmer pour mieux oublier… En réalité, vous n’aviez rien oublié du tout. Vous le savez bien. Je le sais bien…

Je n’ai nullement envie de regarder en arrière, ni de faire un bilan de l’année écoulée, avant de poursuivre ma route. J’ai juste besoin de figer des moments précieux, partagés avec les miens, des instants uniques où j’ai lu le bonheur sur les visages, où les mots avaient un sens. Je veux retenir les réussites, individuelles ou collectives, importantes ou pas, qui aident à marcher. J’ai bien dit « à marcher », pas à courir…

samedi 4 décembre 2010

Devinette poétique de saison

Je tombe en hiver,
J'ai la couleur de l'ours polaire,
Je suis très légère,
Chaud est mon contraire.

Garçon de 10 ans

Une absence qui mord

  Il ne pensait qu’à une seule chose, s’évader. Cette envie était blottie au fond de lui, tapie tel un prédateur guettant sa proie. Depuis q...